LE BOURGET, FRANCE. Le terrible drame a eu lieu dans l’après-midi de dimanche, vers 15H heure française. Le Sarkozy 2007, petit canoë de plaisance de classe bling bling, a été heurté de plein fouet par le Hollande #FH2012, pédalo d’assaut lancé à pleine vitesse.
Malgré le choc et l’émotion bien compréhensibles, les témoignages concordent sur cette version des faits. Cela faisait quelques années que le Sarkozy2007 sévissait le long des côtes françaises, provoquant la multiplication des plaintes des riverains et la saturation régulière du standard des garde-côtes. Les mêmes accusations reviennent inlassablement dans la bouche des nombreux témoins (qui n’acceptent de parler que sous garantie d’anonymat) : vandalisme contre les bâtiments publics (hôpitaux, écoles, Pôle Emploi …), rançonnage des habitants trop faibles pour se protéger, vexations multiples et variées contre les navires n’ayant pas la chance de battre pavillon français. Des rumeurs de chasse aux embarcations venant du sud de la Méditerranée reviennent également souvent dans ces récits, ainsi que des suspicions récurrentes de complicité de la capitainerie et de la presse maritime. L’équipage du Sarkozy 2007, pour sa part, aurait alterné bruyants satisfécits et manœuvres d’intimidation, rétorquant aux mécontents que seul leur capitaine (un certain Nicolas) était en capacité de « tenir la barre du vaisseau France dans la tempête », phrase mystérieuse laissant perplexe les plus vieux marins, au vu des embardées fréquentes du canoë, manquant plus d’une fois de sombrer corps et biens.
Il semble que c’est au moment où la colère de la population locale atteignait un point de non-retour que les chantiers navals Solférino ont mis à flot un patrouilleur léger chargé de sécuriser le littoral local, le « Hollande » #FH2012, pédalo d’assaut capable, malgré son allure peu dangereuse, de redoutables pointes de vitesse et d’éperonnerages particulièrement dévastateurs. A partir de là le récit devient plus confus. Les membres de l’équipage du Sarkozy 2007 auraient enchaîné les injures et les provocations à l’égard du commandant du #FH2012, sans se rendre compte que leurs provisions et leur stock de munitions se réduisaient aussi inexorablement que dangereusement. Et c’est au retour d’un raid en Guyane française que le frêle esquif a connu un coup d’arrêt brutal, pris en chasse par le #FH2012 à proximité du Cap Bourget et percuté de plein fouet par le pédalo d’assaut, faisant en même temps feu de toutes ses armes.
Le Sarkozy 2007, malgré la violence du choc, n’a pas coulé sur le champ. Mais une première inspection révèle de terribles avaries qui font peser de sérieux doutes sur la capacité du canoë à survivre à un nouveau voyage en mer. Les membres d’équipage, quant à eux, sont en état de choc, selon le service de presse de l’Hôpital Elysée où les marins-pompiers les ont amenés en urgence. De ces têtes émergeant de couvertures de survie ne revenaient en effet que des bribes de paroles aussi diverses qu’incohérentes, les uns reconnaissant avoir été surclassés par la puissance du #FH2012, tandis que d’autres continuaient à nier l’évidence, répétant entre deux tremblements incontrôlables que le pédalo d’assaut était un navire du « passé » ou encore qu’il était complètement « vide ».
La Fouquet’s Inc. (armateur du Sarkozy 2007), contactée par téléphone, se voulait rassurante sur la possibilité d’une rapide remise à flot du canoë de classe bling bling. Mais dans les milieux marins, on ne cache pas être extrêmement dubitatif sur l’avenir de ce navire de petit tonnage, déjà concurrencé chez son propre constructeur par les plus récents vaisseaux de classe « Copé » et « Fillon ».
Romain Pigenel, en direct du Cap Bourget



Christine Boutin – [cri strident] STTOOOOOP ! J’en ai assez entendu ! Alors il faut que vous le sachiez : je peux être gentille, mais il ne faut pas me prendre pour une gourde. Tant va la grenouille au bénitier, qu’à la fin elle se lasse ! Je suis venue ici pour vous faire une annonce : si jamais vous ne me laissez pas me présenter, je lâcherai une 






Luc Chatel, vous me décevez beaucoup.
Monsieur Chatel, je suis bien marri de devoir vous le dire, mais vous me décevez beaucoup.
Je n’ai jamais été de ceux qui ironisaient sur votre parcours peu banal, de la vente de shampoing et de produits de maquillage au ministère de l’Éducation Nationale, des faux cils à Jules Ferry. J’y voyais même avec plaisir une élévation réjouissante de la matière au concept, de la beauté extérieure à celle de l’Esprit. Ainsi que l’édification d’un pont prometteur entre les illusions de la jeunesse – le savoir, la culture – et son probable destin – pousser son caddie de RMIste devant des murs de gel douche frappé du sceau de Liliane, et préalablement vu à la télé.
Mais dimanche, Monsieur Chatel, quelque chose s’est cassé entre nous. Quand vous avez déclaré : « A chaque fois que les socialistes ont été aux responsabilités, on a eu une fuite en avant budgétaire et on a fait reposer sur la génération future les avantages sociaux de la génération précédente. On a fait payer à crédit la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans […] M. Hollande, il était où quand les gouvernements socialistes ont fait la retraite à 60 ans à crédit, la cinquième semaine de congés payés à crédit, ont mis en place les 35H à crédit? ».
Je n’ai pu réprimer, sachez-le, un hoquet rageur, un rictus d’indignation, un tressaillement outré, en lisant ces propos rapportés par les gazettes. N’avez-vous pas honte, Monsieur le Ministre ? N’est-il pas honteux de voir un tel étalage d’inculture historique chez le grand ordonnateur de l’instruction publique ?
Car les responsabilités de la perte de notre trésor national – le AAA – sont bien plus anciennes et profondes.
Le Conseil National de la Résistance, ce ramassis de crypto-socialistes, puis la IVème République marxiste ont laissé se produire une fuite en avant budgétaire, en faisant reposer sur la génération future la sécurité sociale. Il était où François Hollande, quand on a mis en place la sécurité sociale à crédit, hein ?
Émile Ollivier, ce dangereux agitateur député sous Napoléon III, a laissé s’installer les conditions d’une fuite en avant budgétaire, en faisant voter en 1864 la loi instaurant le droit de grève. Et laissant ainsi reposer sur la génération future le coût de toutes ces journées perdues à ne pas travailler, pendant que nos voisins prussiens et l’arrière-arrière-grand-mère de Madame Merkel explosaient déjà les records de temps de travail et de productivité. Il était où François Hollande, quand on a mis en place le droit de grève à crédit ?
Victor Schoelcher, cet inconscient de la IIème République, a toléré avec inconscience une terrible fuite en avant budgétaire, en abolissant l’esclavage dans les colonies. Je vous laisse imaginer l’incommensurable perte de compétitivité, reposant uniquement, une fois de plus, sur la génération future. Il était où François Hollande, pouvez-vous me le dire ? Pourquoi est-ce qu’on ne l’a pas entendu condamner la dérive budgétaire à ce moment-là ?
Monsieur le Ministre, si vous aviez un peu de culture historique, vous auriez compris que les racines du mal socialiste – donc de la fuite en avant budgétaire, donc de la perte du triple A – remontent bien plus loin que François Mitterrand et Lionel Jospin, et que, pour dire les choses franchement, si nous rétablissions l’esclavage dans les banlieues, l’interdiction de grève et de syndicat, et si nous abolissions la sécurité sociale, ce n’est même plus le triple A que nous pourrions viser, mais le quadruple, le quintuple, le centuple A+++² – le compteur des agences de notation risquerait même d’exploser.
Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien accorder à ces considérations.
Romain Pigenel